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Algérie : Une dictature « oubliée » du monde

Les circonstances actuelles que traverse l’Algérie obligent le monde entier à jeter un coup d’œil sur le plus grand pays d’Afrique.

Des millions de personnes sur l’ensemble du territoire sont sortis manifester pacifiquement et d’une seule voix pour dire « stop à ce régime ».

Un pouvoir politique qui s’est accaparé l’oligarchie et la richesse de la nation depuis des décennies.

Le président sortant, Bouteflika a laissé planer le doute jusqu’au dernier jour, mais la nouvelle est tombée, il compte se représenter pour sa propre réélection en avril prochain, sans avoir dit un seul mot au peuple depuis maintenant plus de 4 ans.

Victime d’un AVC, le président Bouteflika est en effet très affaiblit et en totale incapacité de gouverner le pays en l’état selon de nombreux experts.

Pris comme un véritable crachat au visage du peuple algérien, ce dernier est bien décidé à ne pas subir une énième fois les caprices du régime monarque, méprisant ainsi toute volonté populaire de changement.

Europe et France en tête, politique de l’Autruche.

Soutien inconditionnel avec le peuple algérien, la communauté algérienne de France, le Canada ou encore Londres se sont organisés de sorte à manifester pour apporter leur soutien au peuple et scandé haut et fort leurs désaccords avec le mépris du pouvoir algérien.

Plus de 35 000 personnes présentent à Paris, la communauté algérienne s’est réuni en masse comme pour mettre la lumière sur ce que semble être l’une des grandes dictatures aux portes de l’Europe, oubliée par tout le monde.

Dans les faits, cette réalité était connue des pays européens, partenaires de l’Algérie. Mais pour préserver certains  intérêts, principalement économique,  l’Europe et la France en tête s’est abritée derrière une position bien commode, celle de l’autruche : une stabilité économique avec un régime autoritaire c’est toujours mieux qu’une démocratie qui ne sert aucun intérêt.

Aujourd’hui, les Européens font mine de découvrir qu’ils ont soutenu pendant des années l’un des régimes les plus autoritaires de la planète, une dictature terrible aux portes de l’Europe. Ils ont sans doute compris que la fin de ce système est proche avec la révolte des Algériens. Mais ils feraient mieux de se tenir à l’écart et éviter de faire des déclarations qui pourraient au final servir les intérêts du pouvoir en place. Ce dernier n’attend qu’une seule chose : pouvoir affirmer que la révolte est téléguidée depuis l’étranger. L’Europe doit s’abstenir de la lui donner.

La France, une moralité défaillante ?

Nombreuses sont les prises de parole et de position publique de la France pour monter au créneau contre les « régimes dictatoriaux » à l'image du Venezuela, la Turquie après le coup d'état, la Syrie, ou encore l'Iran.

La France semble bien mesurée lorsque il s'agit de l'Algérie, allant même jusqu'à féliciter Bouteflika chaleureusement en 2014, alors réélu pour un 4eme mandat, en chaise roulante.

Aujourd'hui, l'Elysée se dit « soutenir » le candidat sortant sous prétexte que le pays est souverain et que les urnes décideront du futur président gagnant.

Faisant ainsi abstraction sur ce qui est aujourd'hui un secret pour personne, la corruption et la fraude massive et sans précèdent en Algérie, depuis plusieurs décennies.

Cette politique du deux poids, deux mesure discrédite terriblement le jugement de la France à l'internationale et surtout son rôle historique de précurseur des droits de l'homme et de garant de la liberté individuelle et collectif.

Comment la France peut soutenir un candidat mort-vivant ?

 Aucun argument au monde ne peut justifier cette approbation sous l'égide de la souveraineté de l'état algérien.

Les rats quittent le navire

Le peuple se réveille, le peuple est grand et surtout, le peuple est pacifique.

Aujourd'hui l'Algérie n'est plus la même, les manifestations et revendications des jours précédents semblent avoir mis la lumière aux yeux du monde entier sur le dictat sans précédent présent en Algérie, les pays qui l'ont soutenu sont aujourd'hui connus et discrédités.

L'Algérie ne semble comptée que sur son peuple et sa force du nombre pour opérer ce changement tant attendu de tous.

La jeunesse est bien décidée à ne plus être spectateur de son avenir confisqué, elle ne compte que sur elle-même pour reprendre la clé du pays et le construire à son image, une Algérie grande, forte et ambitieuse.

 

Abdelhamid Hamza

(photo : Reda Guelmani)

(photo : Reda Guelmani)

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